PC 2026 : Mémoire Chère et Fin de Windows 10 — Le Guide Essentiel pour Ne Pas Se Faire Piéger

Prix PC 2026 : la crise mémoire IA rencontre la fin de support Windows 10 pour les PME belges

Un kit DDR5 de 32 Go qui passe de 119 € à 439 € en cinq mois. Des PC 2026 neufs 15 à 20 % plus chers qu’il y a un an. Et une deadline Windows 10 dans six mois qui force la main à des millions d’utilisateurs — dont beaucoup de PME wallonnes. Bienvenue dans 2026, où le pire moment pour changer de PC est précisément celui où il faut le faire.



La crise mémoire, en chiffres réels

Pour comprendre pourquoi les prix PC 2026 sont ce qu’ils sont, il faut remonter à la source : l’IA. Depuis l’été 2025, les grands fournisseurs de cloud — Google, Microsoft, Amazon, OpenAI — absorbent des volumes astronomiques de mémoire pour alimenter leurs datacenters. Un serveur IA consomme entre 8 et 10 fois plus de DRAM qu’un serveur classique. Samsung et SK Hynix ont réorienté leurs lignes de production vers la HBM (High Bandwidth Memory), la mémoire haute performance utilisée dans les accélérateurs IA, au détriment des modules DDR4 et DDR5 grand public.

Résultat, selon TrendForce dans sa révision de février 2026 : les prix contractuels DRAM conventionnels ont bondi de 90 à 95 % en un seul trimestre (T1 2026), avec une révision encore à la hausse pour les modules PC DDR4/DDR5 qui atteignent +105 à 110 % trimestriels — du jamais vu.

Du côté du stockage, TrendForce rapporte que les SSD client ont subi une hausse de plus de 40 % en un trimestre, la plus forte de toutes les catégories NAND, car les fabricants font migrer leur capacité vers les SSD enterprise pour datacenters. Vous trouverez le détail de cette crise SSD dans notre article dédié : Crise des SSD en 2026 : Samsung double les prix.

Le tableau ci-dessous illustre l’ampleur du phénomène en Europe, d’après les relevés de 3DCenter et guenstiger.de :

ComposantPrix juillet 2025Prix janvier 2026Évolution
DDR5 32 Go (kit 2×16)~119 €~439 €+269 %
DDR5 (indice moyen)base 100base ~540+440 % (pic)
DDR4 kit standardbase 100base ~350+250 %
SSD NVMe 1 To~80 €~150 €+88 %
SSD NVMe 2 To~150 €~290 €+93 %

Sources : 3DCenter, guenstiger.de via it-daily.net, Next.ink, pausehardware.com

Le phénomène est mondial et confirmé par toutes les sources indépendantes. Le portail coréen Danawa rapporte que les prix DDR5 ont été multipliés par 4 en Corée du Sud depuis janvier 2025. PC Watch au Japon documente une multiplication par 5,3 sur certains modules DDR5 entre l’été 2025 et janvier 2026. Forbes Russie signale que les prix en Russie ont suivi le même mouvement global, avec un kit DDR5 32 Go passant de 12 000-15 000 roubles à 45 000-50 000 roubles. Le portail chinois Zhongguancun Online (ZOL) confirme que la DDR5 grand public a triplé en prix depuis l’automne 2025, et le journal économique 21jingji.com pointe le même mécanisme : les géants IA acceptent de payer 50 à 60 % de prime sur les mémoires serveur, laissant le marché grand public en queue de distribution.

Un détail frappant : Micron a retiré sa marque Crucial du marché grand public en février 2026 pour concentrer ses ventes sur l’IA et l’enterprise. Pour les acheteurs individuels, c’est une option de référence en moins sur le marché retail — sans que cela ne change la structure de l’offre en production, toujours dominée par les mêmes trois acteurs (Samsung, SK Hynix, Micron) à plus de 90 % de la production DRAM mondiale.

Pour aller plus loin sur les causes et l’historique de cette crise, notre article Prix de la RAM en 2026 : démêler le vrai du faux reste la référence la plus complète.


Ce que ça coûte concrètement sur un PC 2026 neuf

Les analystes ne laissent guère de place au doute. Gartner, dans son rapport de février 2026, estime que la hausse cumulée DRAM + SSD atteindra 130 % d’ici fin 2026, ce qui se traduira par une augmentation moyenne de 17 % sur le prix des PC et de 13 % sur les smartphones par rapport à 2025.

« C’est la contraction la plus sévère des expéditions d’appareils observée en plus d’une décennie. Des prix plus élevés réduiront la gamme d’appareils disponibles, poussant les acheteurs à conserver leurs machines plus longtemps, ce qui modifiera fondamentalement les cycles de renouvellement. »
— Ranjit Atwal, Directeur Senior Analyste chez Gartner

IDC, dans son analyse de mars 2026, va même un cran plus loin : les livraisons mondiales de PC devraient chuter de 11,3 % en 2026, une révision dramatique par rapport aux -2,4 % prévus en novembre 2025. En valeur absolue, c’est 32 millions de PC en moins vendus. Paradoxe : le marché global en valeur progressera légèrement (+1,6 %) parce que les quelques unités vendues sont plus chères. La même tendance s’observe dans les chiffres IDC publiés sur son blog.

Dell, HP, Lenovo, Acer et Asus ont tous officiellement notifié leurs partenaires de hausses de 15 à 20 % sur leurs gammes commerciales. Tom’s Hardware rapporte que l’équipementier Framework a également prévenu ses clients de hausses à venir. Le constructeur de mini-PC allemand ipc2u.de résume la situation pour les entreprises : « Les configurations avec une forte proportion de RAM — serveurs ERP, bases de données, hôtes de virtualisation — deviennent nettement plus chères que calculé il y a quelques mois. »

Ce que ça signifie en pratique pour un acheteur belge ou une PME wallonne :

Type de PCPrix typique 2025Estimation 2026Hausse
PC portable entrée de gamme 15″450–600 €520–700 €+15–17 %
PC portable pro / PME700–1 100 €820–1 280 €+16–18 %
Tour gaming milieu de gamme800–1 200 €930–1 400 €+15–20 %
Workstation SME 32 Go RAM1 200–1 800 €1 400–2 100 €+15–20 %

Estimations basées sur les prévisions Gartner (+17 %) et IDC (scénario modéré +6-8 %), appliquées aux tarifs observés en Belgique fin 2025. Les hausses effectives varient selon les marques et les configurations.

Gartner alerte également que le segment « PC entrée de gamme sous 500 € » sera probablement non viable d’ici 2028, la mémoire représentant désormais 23 % du coût de fabrication d’un portable, contre 16 % en 2025.

Notre guide des PC portables 2026 tient compte de ce contexte et vous aide à cibler les meilleures configurations dans ce marché sous tension.


Windows 10 : la deadline d’octobre 2026

La crise mémoire serait déjà pénible seule. Mais elle arrive en conjonction avec une autre horloge qui tourne : la fin définitive du support Windows 10.

Le 14 octobre 2025, Microsoft a officiellement arrêté les mises à jour de sécurité pour Windows 10. Un programme ESU (Extended Security Updates) a été mis en place pour prolonger la couverture jusqu’au 13 octobre 2026 :

  • Particuliers (EEA / Belgique) : gratuit sans synchronisation cloud obligatoire, en raison du règlement Digital Content Directive appliqué par Euroconsumers. Une connexion à un compte Microsoft est néanmoins requise périodiquement. Détails sur la décision Euroconsumers / The Register.
  • Entreprises (SME / PME) : via le programme de licences en volume. Premier an : environ 61 $/appareil. Deuxième an : ~122 $/appareil. Troisième an : ~244 $/appareil. Maximum trois ans, jusqu’en 2028. Tarifs de référence TrustedTech.

Ce qui est crucial à retenir : l’ESU consommateurs prend fin de façon définitive le 13 octobre 2026. Pas de prolongation possible après cette date. Comme l’explique clairement un expert sur Microsoft Q&A, il n’y a pas d’option de paiement annuel pour les particuliers au-delà de cette limite. Les PME avec licences volume peuvent techniquement aller jusqu’en 2028, mais à coût croissant et sans garantie de compatibilité applicative.

Ce que l’ESU ne couvre pas : nouvelles fonctionnalités, correctifs non-sécurité, support technique, mises à jour de pilotes. Une machine sous Windows 10 + ESU est maintenue en survie sécuritaire minimale, pas en santé.

Les conséquences pratiques pour les organisations : IDC le souligne dans son analyse, la crise mémoire percute de front le cycle de renouvellement Windows 10 — deux phénomènes qui auraient dû se renforcer mutuellement (remplacement de parc = hausse des ventes de PC) mais qui se court-circuitent : les entreprises qui doivent migrer et renouveler leurs PC 2026 se retrouvent face à des prix au plus haut.


La double peine pour les PME belges

Mettons les deux dynamiques côte à côte. Le marché des PC 2026 est sous double pression, et les PME wallonnes se retrouvent exactement au mauvais endroit au mauvais moment.

Une PME wallonne avec, disons, vingt postes sous Windows 10 non compatibles Windows 11 se retrouve devant un choix inconfortable :

Option A — Migrer vers Windows 11 sur hardware existant compatible : si les machines ont un TPM 2.0 et un CPU récent, c’est techniquement faisable gratuitement. Mais une fraction significative du parc installé — surtout les machines achetées avant 2018-2019 — ne remplit pas les exigences, notamment le module TPM 2.0.

Option B — Acheter du matériel neuf : c’est l’option logique pour les machines trop âgées, mais les prix sont précisément au plus haut. Une tour de bureau à 700 € l’an dernier approche aujourd’hui les 820-850 €. Vingt postes : 3 000 à 5 000 € de surcoût uniquement dû à l’inflation des composants.

Option C — ESU entreprise : 61 $/appareil pour l’an 1, soit environ 1 200-1 300 € pour vingt postes. Ça achète du temps, mais pas du matériel. Et dès l’an 2, le coût double.

La bonne stratégie dépend de l’âge et de la configuration du parc. Pour y voir clair, notre article sur le choix du processeur en 2026 peut aider à évaluer si un CPU existant est encore viable. BelgaCore peut aussi réaliser un audit de parc pour identifier quelles machines sont migrables directement et lesquelles nécessitent un remplacement — ce qui permet de prioriser les achats au moment le plus opportun.


Un premier souffle en mars-avril 2026

Bonne nouvelle, et elle est récente : les prix de détail de la DDR5 ont commencé à reculer depuis mi-mars 2026.

3DCenter rapporté par GinjFo documente une baisse de 7,2 % du prix moyen DDR5 en Allemagne entre février et mars 2026 — première baisse mensuelle nette depuis le début de la crise. Aux États-Unis, certains kits Corsair Vengeance 32 Go sont passés d’un pic à ~490 dollars à ~379 dollars, soit plus de 20 % de recul selon Tom’s Hardware France. En Chine, pausehardware.com rapporte que des revendeurs spéculatifs du marché de Huaqiangbei à Shenzhen liquident leurs stocks à perte.

L’élément déclencheur : le 25 mars 2026, Google Research a publié TurboQuant, un algorithme de compression qui réduit d’au moins 6 fois la taille du cache KV dans certains workflows d’inférence IA. Les marchés boursiers ont réagi immédiatement — Samsung -5,2 %, SK Hynix -7,6 % en une séance à Séoul — et une partie des stocks retail a été liquidée par des vendeurs nerveux.

Mais l’analyse de DropReference tempère l’optimisme : « Ce que nous observons depuis mi-mars sur tous les marchés, c’est un plateau. Les prix ont cessé de monter aussi brutalement, mais ils ne baissent pas non plus. » Les prix contractuels — ceux qui déterminent le coût pour les fabricants de PC — restent orientés à la hausse pour le T2 2026, selon TrendForce. Cowcotland avertit d’ailleurs que les prix NAND Flash pour SSD restent sous pression avec une hausse possible de 75 % sur certains contrats au T2 2026.

Enerzine résume la situation avec justesse : malgré un recul de 10-15 % en Europe, le prix d’un kit DDR5 32 Go pour un PC 2026 reste environ 4 fois supérieur à ce qu’il était en juillet 2025. Un retour à la normale avant 2027, voire 2028, n’est pas attendu par IDC ni TrendForce.


Que faire concrètement ?

Voici une grille de décision pratique selon votre situation :

Vous avez un PC sous Windows 10 compatible Windows 11 (vérifiable via l’application PC Health Check de Microsoft) : faites la mise à niveau gratuitement maintenant. Ne tardez pas. La compatibilité Windows 11 inclut notamment la présence de TPM 2.0 et d’un processeur Intel 8e génération ou plus récent, ou AMD Ryzen 2000+.

Vous avez un PC sous Windows 10 incompatible Windows 11 : évaluez l’âge de la machine. Si elle a moins de 6 ans et tourne encore bien, l’ESU consommateur (gratuit en Belgique via compte Microsoft) vous donne jusqu’en octobre 2026 pour planifier le remplacement. Si elle a plus de 6-7 ans, le remplacement est de toute façon probablement rentable.

Vous gérez un parc PME de 5 machines ou plus : il vaut la peine de contacter BelgaCore pour un audit rapide. L’objectif est d’identifier les machines migrables directement (sans achat), les machines à remplacer en priorité, et celles pour lesquelles l’ESU entreprise est justifiée temporairement.

Faut-il acheter maintenant ou attendre ? La question mérite honnêteté. Gartner avertit que « attendre ne garantit pas de meilleures conditions à court terme ». Les prix contractuels restent sous pression au T2 2026. La stabilisation du retail observée en mars-avril est encourageante mais fragile. Si votre deadline Windows 10 est dans six mois, ne misez pas sur une baisse significative des prix d’ici là.

Avant d’acheter un PC 2026, quelques principes restent valides malgré la crise :

Privilégiez les configurations avec RAM soudée de qualité sur les portables — la RAM intégrée est achetée en volume par les constructeurs à des tarifs négociés, souvent plus avantageux que les modules retail. Les grandes marques (Dell, HP, Lenovo, Asus) ont des accords d’approvisionnement qui les rendent moins exposées que les petits assembleurs. Le reconditionné certifié reste une option solide pour les budgets serrés : des machines de 2022-2023 avec Windows 11 préinstallé et garantie constructeur restent pleinement performantes. BelgaCore dispose de matériel reconditionné sélectionné sur belgacore.com.


Sources & références

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